"Inattaquable dans ses choix littéraires"

THÉÂTRE

« J’ai rencontré Claude Esnault pour la première fois à la fin des années 70. Il a débarqué à la MJC dont j’étais directeur. C’était le futur centre Jacques-Prévert. » La rencontre a dû avoir lieu pendant les travaux. Et dans un contexte politique important. C’était autour des élections de 1977 qui, nationalement, ont vu l’arrivée de nombreuses listes d’union de la gauche. Au Mans, Robert Jarry, communiste, est élu et le budget de la culture augmente.

 

Après, malgré ses archives, Jean Parthenay avoue avoir une sorte de blanc sur le parcours artistique de Claude Esnault, qui était déjà solitaire et hors-système. Le Mans était alors dans un bouillonnement culturel et artistique formidable dont il était à l’écart.  En 1977, c’est la création du Théâtre du Radeau. Deux ans plus tard arrive de Tours le metteur en scène André Cellier qui, invité par Robert Jarry, fonde le Centre Théâtral du Maine avec le soutien de Didier-Georges Gabily.

 

En 1982, Le Mans accueille François Tanguy pour diriger le Théâtre du Radeau. Il y avait, selon Jean Parthenay, une ébullition culturelle avec des personnalités qui interpellaient les élus et ne ménageaient personne. Riche époque...

Dans le souvenir de Jean Parthenay,  devenu directeur du PCC en 1983, Claude Esnault refait surface dans ces années-là. Ce sera le début d’une collaboration, avec un premier spectacle en 1984, Le journal d’un chien d’Oskar Panizza. Ce monologue avait été créé aux Abattoirs de Vibraye et à Avignon à La Cave du Pain, ensuite à la salle Roquille l’année suivante, pour terminer au PCC du Mans.

 

En 1988, c’est Émerveillement de Malcolm de Chazal ; en 1990, Phantaisie, le délire ou les rêves d’après Freud ; et en mars 1992, un spectacle à partir de Nietzsche.

Pour Jean Parthenay, Claude Esnault est « inattaquable dans ses choix littéraires. On peut lui faire confiance pour nous faire découvrir des auteurs. Il a une exigence intellectuelle et, en même temps, un besoin impérieux de se coltiner à la matière. Son processus de mise en acte s’invente au fur et à mesure que progresse la fabrication de ses objets. »

 

Il y a une dialectique entre le manuel et l’intellectuel. « Claude Esnault, conclut-il, est incontestablement un plasticien, un créateur qui a toujours tourné le dos aux conventions sociales et artistiques. »

Claude Esnault n’a pas toujours vécu son aventure théâtrale dans sa tanière, loin de tout.

Il a eu un théâtre à Vibraye, ensuite au Mans, rue du Fossé Saint-Pierre et le dernier, près de l’église Saint-Lazare.

On a trop oublié que, pendant vingt ans,

il a participé au festival off d’Avignon où il louait une salle à l’année, la salle Roquille.

Il a aussi fait partie de la programmation

du Palais des Congrès et de la Culture du Mans.

Jean Parthenay, qui fut directeur du PCC, se souvient de sa première rencontre avec

Claude Esnault.

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